Mis à jour le 14 septembre 2026
Le relevé de solde n° 2572-SD est la déclaration qui clôt l'année fiscale d'une société à l'IS. Elle ne calcule pas le résultat — c'est le rôle de la liasse — mais elle liquide l'impôt : elle confronte l'impôt réellement dû aux acomptes déjà versés et aux crédits d'impôt disponibles, et détermine ce qu'il reste à payer ou à se faire rembourser.
Le 2572 concerne toutes les personnes morales redevables de l'IS ou des contributions assimilées, et son télédéclarement est obligatoire quelle que soit la taille de l'entreprise. Il se dépose depuis l'espace professionnel sur impots.gouv.fr, accompagné du paiement en ligne.
La date limite de paiement du solde intervient en principe le 15 du quatrième mois qui suit la clôture de l'exercice. Pour les exercices clos au 31 décembre, l'administration retient par exception le 15 mai : une société clôturant le 31 décembre 2026 devra donc liquider son IS au plus tard le 15 mai 2027. Pour un exercice clos le 30 juin, l'échéance est le 15 octobre. Ce calendrier se distingue de celui du dépôt de la liasse fiscale, détaillé dans nos guides télédéclaration du résultat et calendrier fiscal.
Les filiales d'un groupe intégré qui ne paient pas l'IS en leur nom n'utilisent le 2572 que pour la contribution sur les revenus locatifs, dont elles restent personnellement redevables — voir l'intégration fiscale.
La logique du formulaire suit cinq temps : calcul de l'IS brut, imputation des crédits d'impôt, imputation des acomptes, détermination du solde ou de l'excédent, puis demande de remboursement le cas échéant.
1. L'IS brut. Il se décompose par taux : 25 % pour le taux normal, 15 % sur la fraction de bénéfice éligible — réservé aux entreprises dont le chiffre d'affaires n'excède pas 10 millions d'euros, dans la limite de 42 500 € de bénéfice imposable par période de douze mois, sous conditions de détention du capital (voir le taux réduit de 15 %) — auxquels s'ajoutent les taux particuliers et l'impôt sur les plus-values nettes à long terme.
2. Les créances d'impôt, classées en trois familles qui ne se comportent pas de la même façon : les créances non reportables et non restituables (crédits d'impôt étrangers, réduction pour flotte de vélos), les créances reportables — mécénat, crédit d'impôt recherche, recherche collaborative, investissement en Corse, report en arrière de déficit —, et les créances non reportables mais restituables, comme le crédit d'impôt famille. Deux règles de saisie évitent l'essentiel des rejets : les créances nées de l'exercice se déclarent pour leur montant total, indépendamment du sort qui leur sera réservé, tandis que celles des exercices antérieurs se déclarent pour leur montant restant à imputer.
3. Les acomptes. On reporte les versements effectués au titre de l'exercice — en principe quatre échéances, aux 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre pour un exercice civil — diminués des remboursements déjà obtenus. Les modalités de calcul de ces versements sont traitées dans notre guide sur les acomptes d'IS.
4. Les contributions assimilées. Le même relevé liquide la contribution sociale sur l'IS (article 235 ter ZC du CGI), égale à 3,3 % de l'IS calculé au taux normal et aux taux réduits des plus-values à long terme, après un abattement de 763 000 € par période de douze mois, ajusté au prorata si l'exercice est plus court ou plus long. Elle n'est pas due par les redevables dont le chiffre d'affaires hors taxes est inférieur à 7 630 000 € et qui remplissent les conditions de détention du capital — capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. En pratique, la grande majorité des TPE et PME en est exonérée. Le 2572 sert également à liquider la contribution sur les revenus locatifs, au taux de 2,5 %.
Quand les acomptes dépassent l'impôt dû, l'entreprise dispose de trois options, à exercer directement sur le formulaire.
Le remboursement, demandé sur le relevé lui-même : l'excédent est restitué dans un délai de trente jours à compter du dépôt. C'est l'option à privilégier dès que la trésorerie compte.
L'imputation sur une échéance future : l'excédent d'IS et de contributions assimilées peut servir de moyen de paiement pour la TVA, la taxe sur les salaires, la taxe sur les véhicules de société et la participation des employeurs à l'effort de construction. Le formulaire comporte un cadre dédié, et son utilisation dispense du dépôt de l'imprimé 3516-SD — une simplification peu connue.
Le report sur les acomptes de l'exercice suivant, le plus simple mais celui qui immobilise la trésorerie le plus longtemps.
Les demandes portant sur des créances venant à expiration ou restituables par anticipation suivent une autre voie : le formulaire 2573.
Le paiement tardif du solde entraîne une majoration de 5 % (article 1731 du CGI) et des intérêts de retard de 0,20 % par mois, soit 2,4 % par an (article 1727). Sur un solde de 40 000 €, un mois de retard coûte donc 2 080 €. L'écart est suffisamment net pour justifier d'estimer le solde dès la fin de la révision des comptes, sans attendre la validation définitive de la liasse.
Un point d'attention fréquent : un 2572 complémentaire peut être déposé après un relevé initial erroné, mais la case relative aux acomptes doit alors tenir compte des remboursements déjà obtenus, faute de quoi le calcul se décale d'autant.
La révision du 2572 tient en trois contrôles. D'abord, la cohérence avec la liasse : le résultat fiscal et l'impôt calculé doivent correspondre à ceux du tableau de détermination du résultat, après réintégrations. Ensuite, le stock de créances : un CIR imputé pour un montant supérieur au solde réellement disponible est l'erreur la plus courante, et la plus facile à éviter en tenant un tableau de suivi pluriannuel par dispositif. Enfin, la concordance des acomptes avec les paiements effectivement sortis de la banque, ce qui suppose des comptes de tiers lettrés et un compte 444 « État – impôt sur les bénéfices » justifié à l'euro.
À retenir : le 2572 se dépose le 15 du 4e mois suivant la clôture — 15 mai pour un exercice civil — et liquide à la fois l'IS, la contribution sociale de 3,3 % et la CRL. Un excédent est remboursé sous trente jours ou peut payer directement la TVA et la taxe sur les salaires.
Chez ExpertComptable.ai, le solde d'IS est estimé dès la révision des comptes et non à la veille de l'échéance : le stock de crédits d'impôt est suivi exercice par exercice, les acomptes sont rapprochés des mouvements bancaires, et l'arbitrage entre remboursement et imputation est proposé au vu de la trésorerie prévisionnelle. Voir les tarifs ou estimer votre budget avec le simulateur.