Mis à jour le 1er septembre 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le dispositif d'allègement des cotisations patronales connu pendant quinze ans sous le nom de « réduction Fillon » puis « réduction générale » est renommé réduction générale dégressive unique (RGDU). Le changement n'est pas seulement sémantique : il fusionne dans une formule unique la réduction générale et les anciens taux réduits d'assurance maladie et d'allocations familiales, et il repousse le point de sortie de 1,6 à 3 Smic. Pour une entreprise employant des cadres intermédiaires, l'effet est immédiat : des salaires qui n'ouvraient aucun droit sont désormais dans le champ.
La réforme, portée par l'article L. 241-13 du code de la sécurité sociale et le décret n° 2026-509 du 12 juin 2026, tient en trois principes :
Corollaire décisif : les anciens taux réduits de cotisations d'assurance maladie et d'allocations familiales — les « bandeaux » — sont supprimés, sauf pour les bénéficiaires d'exonérations spécifiques dégressives (Lodeom, TO-DE agricole, accompagnement à domicile des personnes âgées, exonérations zonées ZRD, ZFRR et ZFU).
C'est la nouveauté qui déroute le plus les gestionnaires de paie. Pour le calcul de la RGDU au titre de 2026, les seuils sont fixés sur la base du Smic applicable au 1er janvier 2026 en métropole, soit 1 823,03 € bruts par mois, et ne suivent plus automatiquement les revalorisations ultérieures du Smic — sauf à Mayotte, où un mécanisme d'actualisation demeure.
Les plafonds d'éligibilité en découlent : la RGDU s'applique aux rémunérations inférieures à 36,06 € bruts de l'heure, 5 469,09 € bruts par mois, ou 65 629,20 € bruts par an. Le « salaire minimum calculé pour un an » retenu dans la formule est de 21 876,40 €.
Une tolérance existe : la revalorisation du Smic au 1er juin 2026 peut être prise en compte pour les rémunérations des salariés dont le contrat prend fin entre le 1er et le 30 juin 2026. En dehors de ce cas, appliquer le Smic revalorisé en cours d'année conduit à un calcul erroné.
Le montant de la réduction est égal à la rémunération brute annuelle × coefficient. Le coefficient se calcule ainsi :
Coefficient = Tmin + (Tdelta × [(1/2) × (3 × salaire minimum annuel / rémunération annuelle brute − 1)]P)
avec P = 1,75 et un résultat arrondi à quatre décimales, au dix millième le plus proche. Les paramètres dépendent de l'effectif et du taux de Fnal :
Pour un salarié à temps plein payé au Smic (1 823,03 €/mois, 21 876,40 €/an), le crochet vaut 1 et le coefficient atteint son maximum. La réduction annuelle s'élève alors à 8 708,99 € dans une entreprise de moins de 50 salariés, et à 8 796,50 € à partir de 50 salariés. Entre le Smic et 3 Smic, la dégressivité laisse subsister un seuil minimal de 2 %, qui correspond à Tmin.
L'assiette comprend tous les éléments de rémunération, en espèces ou en nature : salaires, primes — y compris la prime de partage de la valeur —, gratifications, heures supplémentaires ou complémentaires, rémunérations versées au titre d'un compte épargne-temps, indemnités compensatrices de congés payés et de préavis, pourboires. Voir aussi les avantages en nature.
Les remboursements de frais professionnels sont exclus de la rémunération prise en compte — voir le remboursement des frais professionnels. Le temps de travail est exprimé en heures annuelles selon la formule « nombre d'heures hebdomadaires × 52 / 12 » ; pour un temps partiel, le plafond de revenu est réduit à proportion de la durée de travail (à 80 %, le seuil devient 80 % de 5 469,09 €).
La réduction s'impute sur les cotisations de sécurité sociale (maladie, maternité, invalidité, décès, vieillesse de base), les allocations familiales, le Fnal, la contribution solidarité autonomie, les cotisations patronales de retraite complémentaire légalement obligatoires, la contribution patronale d'assurance chômage et les cotisations AT/MP — ces dernières dans la limite de 0,49 % de la rémunération.
Le coefficient est réparti entre les cotisations versées à l'Urssaf et celles versées aux institutions de retraite complémentaire, la part imputée sur les IRC ne pouvant excéder 6,01 % (0,0601).
Tous les employeurs sont éligibles, à l'exception des particuliers employeurs. Côté salariés : être titulaire d'un contrat de travail — tous types, y compris temps partiel et contrats en alternance, voir le coût employeur d'un apprenti —, relever d'une adhésion obligatoire à l'assurance chômage et percevoir une rémunération inférieure à 3 fois le Smic au 1er janvier 2026.
Le cumul reste possible avec la déduction patronale forfaitaire sur les heures supplémentaires, sous conditions avec l'exonération « aide à domicile », avec les taux réduits applicables aux journalistes et pigistes, avec les taux réduits d'assurance vieillesse des VRP multicartes et des professions médicales, et avec la déduction forfaitaire spécifique pour frais professionnels. En dehors de ces cas, aucun cumul n'est admis avec une autre exonération, totale ou partielle, pour un même salarié.
La RGDU se déclare mensuellement en DSN : salariés concernés, rémunération, montant de la réduction. L'organisme de recouvrement contrôle le calcul à réception. En cas de contrôle, l'employeur doit fournir aux inspecteurs du recouvrement toutes les informations utiles à la vérification — d'où l'importance de conserver les éléments de calcul. Voir préparer un contrôle Urssaf.
Le risque de 2026 n'est pas de mal appliquer la formule — les logiciels de paie l'intègrent — mais de ne pas voir ce que la réforme change : des salaires jusqu'à 3 Smic désormais éligibles, des taux réduits maladie et famille disparus, un Smic de référence figé. ExpertComptable.ai contrôle le paramétrage, recalcule la RGDU sur l'ensemble de la masse salariale et régularise les écarts en DSN avant qu'ils ne deviennent un redressement. Les travaux sont supervisés et la mission signée par un cabinet inscrit à l'Ordre des experts-comptables. Estimez votre budget avec le simulateur ou consultez nos tarifs.