Mis à jour le 20 septembre 2026
Le taux de 17,2 %, stable depuis 2018, a cessé d'être unique. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 relève la CSG sur une partie des revenus du capital — mais une partie seulement. Il existe désormais deux taux de prélèvements sociaux, et savoir lequel s'applique à quoi change directement le calcul d'un arbitrage dividendes/salaire ou le rendement net d'un placement.
La brochure pratique de l'impôt sur le revenu 2026, publiée par la DGFiP, résume la mesure dans ses termes officiels : « Le taux de la CSG est porté de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus du patrimoine et les produits de placement. Les revenus fonciers, les plus-values immobilières, l'assurance-vie, l'épargne logement restent soumis au taux de 9,2 %. Le taux de CSG déductible reste à 6,8 % » (LFSS 2026, art. 12 ; CSS, art. L136-8).
Les deux autres composantes sont inchangées : CRDS 0,5 % et prélèvement de solidarité 7,5 %. D'où l'arithmétique :
| Composante | Taux majoré | Taux maintenu |
|---|---|---|
| CSG | 10,6 % | 9,2 % |
| CRDS | 0,5 % | 0,5 % |
| Prélèvement de solidarité | 7,5 % | 7,5 % |
| Total | 18,6 % | 17,2 % |
La hausse est donc de 1,4 point, et elle ne concerne pas toutes les natures de revenus.
La liste d'exclusions donnée par la DGFiP est limitative : restent à 17,2 % les revenus fonciers, les plus-values immobilières, l'assurance-vie et l'épargne logement (PEL, CEL). Tout le reste des revenus du patrimoine et produits de placement bascule à 18,6 % : dividendes, intérêts de comptes et d'obligations, plus-values de cession de valeurs mobilières, produits d'un compte-titres ordinaire, et les revenus de la location meublée non professionnelle.
L'administration fiscale illustre elle-même la ligne de partage sur son propre site, à propos de la location : pour une location meublée, le taux est de 18,6 % (CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %) ; pour une location nue, relevant des revenus fonciers, il reste de 17,2 % (CSG 9,2 %). Deux biens voisins, deux régimes. Voir nos guides sur la comptabilité en LMNP et les seuils de la location meublée de tourisme.
Le PEA conserve son régime propre d'exonération d'impôt sur le revenu après cinq ans, mais les gains restent assujettis aux prélèvements sociaux : c'est bien le taux qui change, pas le principe de l'assujettissement.
Le texte distingue selon la catégorie, et c'est une source d'erreur fréquente. Toujours selon la brochure DGFiP : « La hausse de la CSG s'applique à compter des revenus 2025 déclarés en 2026 pour les revenus du patrimoine et à compter du 1er janvier 2026 pour les produits de placement. »
La différence tient au mode de recouvrement. Les revenus du patrimoine (plus-values mobilières, revenus de location meublée non professionnelle, revenus non soumis à retenue à la source…) sont prélevés par voie de rôle après déclaration : la majoration touche donc déjà l'avis émis en 2026 sur les revenus 2025. Les produits de placement (dividendes, intérêts) font l'objet d'un prélèvement à la source par l'établissement payeur : la majoration ne s'applique qu'aux versements intervenus à compter du 1er janvier 2026.
Conséquence pratique pour un dirigeant : un dividende versé en décembre 2025 supporte 17,2 %, le même dividende versé en janvier 2026 supporte 18,6 %.
Le prélèvement forfaitaire unique combine 12,8 % d'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. Le taux d'IR reste inchangé ; c'est la composante sociale qui monte. Pour un dividende ou une plus-value mobilière soumise au PFU, la charge totale passe donc de 30 % à 31,4 %.
Sur 10 000 € de dividendes bruts, cela représente 3 140 € au lieu de 3 000 € : 140 € de plus. L'écart est modeste à l'unité, mais il s'ajoute — pour une société à l'IS — à l'impôt déjà acquitté sur le bénéfice distribué, et il déplace légèrement le point d'équilibre des arbitrages. Voir nos guides sur l'arbitrage dividendes ou salaire et sur la flat tax appliquée aux dividendes.
La fraction déductible de CSG reste fixée à 6,8 %, sans relèvement corrélatif. Autrement dit, sur les revenus majorés, la part non déductible s'élargit : 3,8 points de CSG non déductibles au lieu de 2,4 auparavant.
Rappel de méthode : cette déductibilité ne joue que pour les revenus soumis au barème progressif. Un contribuable qui laisse s'appliquer le PFU ne déduit aucune CSG. La CSG déductible payée au titre d'une année s'impute sur le revenu global de l'année de son paiement.
Une nouveauté de la loi de finances pour 2026 mérite d'être signalée ici, car elle change la façon de raisonner sur cette option : « Le caractère irrévocable de l'option permettant de choisir l'imposition des revenus de capitaux mobiliers et plus-values de capitaux mobiliers selon le barème progressif de l'impôt sur le revenu plutôt qu'à l'imposition au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % est supprimé » (LF 2026, art. 126 ; CGI, art. 200 A). L'arbitrage barème/PFU redevient donc réversible d'une année sur l'autre — un point de souplesse non négligeable au moment où les prélèvements sociaux augmentent.
Trois conséquences pour une TPE et son dirigeant :
Depuis 2026, il n'y a plus un taux de prélèvements sociaux sur le capital mais deux : 18,6 % sur les dividendes, intérêts, plus-values mobilières et revenus de location meublée ; 17,2 % sur les revenus fonciers, les plus-values immobilières, l'assurance-vie et l'épargne logement. La bascule s'est faite dès les revenus 2025 déclarés en 2026 pour les revenus du patrimoine, et au 1er janvier 2026 pour les produits de placement. Le PFU s'établit à 31,4 % et la CSG déductible reste à 6,8 %.
Ce guide est informatif et ne remplace pas l'examen de votre situation ; il ne constitue pas un conseil en investissement. Chez ExpertComptable.ai, la tenue et les déclarations sont produites dans le cadre d'une mission signée par un cabinet inscrit à l'Ordre des experts-comptables. Voir les tarifs ou estimer votre budget.