Mis à jour le 14 octobre 2026
Un local en travaux, une ligne de production en montage, un logiciel métier en développement : entre la première facture et le jour où le bien sert réellement, il s'écoule parfois deux exercices. Pendant cette période, les dépenses s'accumulent à l'actif sans générer aucun amortissement. Savoir à quelle date basculer — et le justifier — change le résultat de l'exercice, parfois de plusieurs milliers d'euros.
Le plan comptable général distingue deux situations avant la mise en service :
| Compte | Contenu | Quand l'utiliser |
|---|---|---|
| 238 — Avances et acomptes versés sur commandes d'immobilisations | Sommes versées à un fournisseur avant toute livraison | Acompte sur une machine commandée, non encore livrée |
| 231 — Immobilisations corporelles en cours | Coûts d'un bien déjà en cours de réalisation | Travaux engagés, construction en chantier, montage en atelier |
| 232 — Immobilisations incorporelles en cours | Développements incorporels en cours | Logiciel ou site en développement activé |
Le compte 231 est un compte d'attente à l'actif : il reçoit au débit, au fil du chantier, les factures d'entreprises, les matériaux et, le cas échéant, la production immobilisée de l'entreprise elle-même. Point essentiel : aucun amortissement n'est pratiqué tant que le bien figure en 231 ou 232. À la mise en service, le solde est viré au compte d'immobilisation définitif de la classe 21 (ou 20 pour les incorporelles), et c'est ce compte qui porte ensuite le plan d'amortissement. Pour les biens complexes, ce virement est aussi le bon moment pour appliquer l'approche par composants, chaque composant ayant sa propre durée.
Fiscalement, la règle est posée par la doctrine administrative (BOI-BIC-AMT-20-10) : l'amortissement court à compter du jour de la mise en service effective de chaque élément amortissable. Cette date correspond en pratique au moment où le bien peut fonctionner selon l'usage prévu — ce qui peut être légèrement postérieur à l'installation matérielle : réglages terminés, essais concluants, autorisations obtenues, personnel en mesure de l'utiliser.
Deux conséquences suivent directement :
La date de mise en service doit être documentée, pas déduite. Procès-verbal de réception de travaux, bon de livraison contresigné, rapport d'essais, première facture client produite avec la machine, attestation de conformité : ces pièces doivent être au dossier. En leur absence, c'est la date la moins favorable qui s'impose en contrôle.
La règle de la mise en service n'est pas absolue. La doctrine admet que le point de départ soit avancé à la date où une dépréciation a effectivement commencé, en général celle de l'acquisition ou de l'achèvement de la construction, à charge pour l'entreprise de prouver cette dépréciation réelle. Des éléments encore inutilisés peuvent donc être amortis s'ils subissent une perte de valeur du fait du temps écoulé ou d'autres circonstances — l'exemple le plus courant étant le logiciel, dépréciable dès son acquisition du fait de l'obsolescence technologique, traité dans notre guide sur la comptabilisation des logiciels et sites internet.
Cette tolérance est une exception à justifier, pas une facilité à généraliser : l'entreprise doit démontrer la dépréciation, et non simplement invoquer l'ancienneté de la commande.
Les en-cours sont le poste où une comptabilité « à jour » peut rester durablement fausse : rien ne signale l'erreur, puisque le solde est à l'actif et que le résultat n'est pas bloqué. Chez ExpertComptable.ai, les comptes 231, 232 et 238 sont suivis à partir des factures et des flux, et les mises en service sont proposées à la clôture avec la pièce justificative associée, avant revue par un expert-comptable inscrit à l'Ordre sur les points significatifs du dossier. Voir les tarifs ou estimer votre budget.