Immobilisations et amortissements : les règles 2026

Mis à jour le 3 août 2026

Un achat de 900 € passe-t-il en charge ou s'immobilise-t-il ? Sur combien d'années amortit-on un ordinateur, un agencement, un logiciel ? Ces questions reviennent à chaque exercice et leurs réponses ont un effet direct sur le résultat imposable : une charge se déduit intégralement l'année de l'achat, une immobilisation étale sa déduction sur plusieurs exercices. Voici les règles applicables et les repères pratiques.

Charge ou immobilisation : le critère de fond

Le critère n'est pas le montant, c'est la durée d'utilisation. Un bien destiné à servir de façon durable à l'activité — au-delà de l'exercice — constitue une immobilisation. Un bien consommé dans l'exercice est une charge. Le montant n'intervient qu'ensuite, au titre d'une tolérance.

La tolérance des 500 € HT. La doctrine administrative (BOI-BIC-CHG-20-30-10) admet que les matériels, outillages et mobiliers de bureau dont le prix d'achat unitaire n'excède pas 500 € hors taxes soient comptabilisés directement en charges. Attention à trois points : c'est une tolérance, pas une obligation — vous pouvez immobiliser un bien à 300 € si vous le souhaitez ; le seuil s'apprécie par unité, pas par facture ; et il s'apprécie hors taxes pour une entreprise qui récupère la TVA, TTC pour celle qui ne la récupère pas (franchise en base notamment — voir notre guide sur la franchise en base).

Deux limites classiques à cette tolérance : elle ne s'applique pas au matériel de transport ni au mobilier acquis dans le cadre d'un équipement initial ou d'un renouvellement complet — un lot de 20 chaises à 200 € pièce livré en une fois s'immobilise, même si chaque unité est sous le seuil.

Le coût d'entrée : ce qu'on immobilise vraiment

Le coût d'acquisition comprend le prix d'achat net de remises, augmenté des frais directement attribuables pour mettre le bien en état de fonctionner : transport, installation, mise en service, droits de douane, TVA non récupérable. Les frais d'acquisition d'immobilisations (droits d'enregistrement, honoraires, commissions) peuvent sur option être immobilisés ou passés en charges — l'option est globale et s'applique à toutes les acquisitions de l'exercice.

Les durées d'amortissement

Comptablement, l'amortissement doit refléter le rythme réel de consommation des avantages économiques du bien. Fiscalement, l'administration accepte les durées correspondant aux usages de la profession, sans barème rigide, avec une tolérance de 20 % autour de la durée d'usage admise. Les repères les plus courants :

Deux éléments ne s'amortissent jamais : les terrains et le fonds de commerce (sauf durée d'utilisation limitée démontrable). Ils peuvent en revanche faire l'objet d'une dépréciation.

L'approche par composants

Lorsqu'un actif est constitué d'éléments dont les durées d'utilisation diffèrent significativement, chacun doit être identifié et amorti séparément. L'exemple type est l'immeuble : gros œuvre sur 40 ans, toiture sur 25, installations techniques sur 20, agencements intérieurs sur 15. Cette décomposition est obligatoire, pas optionnelle, dès lors que les composants sont significatifs.

Linéaire, dégressif, dérogatoire

Le mode linéaire répartit la valeur amortissable par annuités égales, avec un prorata temporis la première année à compter de la date de mise en service.

Le mode dégressif est un avantage fiscal réservé à certains biens neufs d'une durée d'utilisation d'au moins trois ans (matériels industriels, installations de production, matériel de manutention, équipements informatiques notamment). Le taux linéaire est multiplié par un coefficient fixé par le BOFiP à :

Pour un bien décomposé, le coefficient s'apprécie par référence à la durée d'amortissement du composant, et non à celle de la structure d'ensemble.

Quand l'amortissement fiscal (dégressif) dépasse l'amortissement comptable (linéaire, conforme à la consommation réelle), l'écart se comptabilise en amortissement dérogatoire, une provision réglementée au passif. C'est un décalage de trésorerie fiscale, pas un gain définitif.

Les erreurs qui coûtent cher

Immobiliser une charge d'entretien. Une réparation qui maintient le bien en état est une charge ; seuls les travaux qui prolongent la durée de vie ou augmentent la valeur du bien s'immobilisent. L'inverse — passer en charge un investissement significatif — figure parmi les réintégrations fiscales les plus fréquemment relevées.

Oublier de sortir les biens cédés ou mis au rebut. L'actif se charge d'immobilisations fantômes et les dotations continuent de courir sur des biens inexistants. L'inventaire annuel prévu à l'article L123-12 du Code de commerce sert précisément à cela — voir notre guide sur les étapes de la clôture.

Démarrer l'amortissement à la date de facture plutôt qu'à la date de mise en service. Pour un matériel livré en novembre et installé en janvier, l'amortissement commence en janvier.

Comment nous traitons le sujet

Le classement charge/immobilisation et le suivi du tableau d'amortissement sont des tâches à règles : elles se codifient bien. Nos agents proposent le traitement à partir de la facture (nature du bien, montant unitaire, durée d'usage) et alimentent le tableau automatiquement ; l'expert-comptable inscrit arbitre les cas frontières — travaux, décomposition d'un immeuble, option sur les frais d'acquisition — et signe la mission. Estimez votre budget avec le simulateur ou consultez nos tarifs.

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