Calculer son coût de revient et fixer son prix de vente

Mis à jour le 14 août 2026

Le coût de revient est la somme de toutes les charges engagées pour produire et vendre un bien ou un service, ramenée à une unité vendue. C'est l'indicateur qui répond à la seule question qui compte avant de fixer un tarif : à partir de quel prix cette vente me rapporte-t-elle quelque chose ? Contrairement au seuil de rentabilité, qui raisonne au niveau de l'entreprise entière, le coût de revient raisonne produit par produit ou prestation par prestation. Les deux sont complémentaires.

Étape 1 — séparer charges directes et charges indirectes

Les charges directes se rattachent sans ambiguïté à un produit ou à une prestation : matières premières et marchandises achetées, main-d'œuvre de production, sous-traitance, emballage, frais de livraison, commissions versées sur la vente. On peut les affecter sans calcul intermédiaire.

Les charges indirectes sont nécessaires à l'activité mais ne se rattachent à aucune vente précise : loyer, assurances, énergie, salaires administratifs, honoraires de l'expert-comptable, abonnements logiciels, communication, frais bancaires. Elles doivent être réparties.

Le point de départ est votre balance comptable, pas une feuille blanche. Reprenez les comptes de charges de l'exercice précédent — classe 6 du plan comptable — et ventilez-les dans ces deux colonnes. C'est plus rapide et surtout plus fiable qu'une estimation de mémoire.

Étape 2 — choisir une clé de répartition

Les charges indirectes doivent être réparties selon une clé qui reflète la consommation réelle de ressources. Les clés les plus courantes en TPE :

Le temps passé, pour les activités de service : on divise les charges indirectes annuelles par le nombre d'heures facturables de l'année pour obtenir un coût horaire de structure. Attention à ne retenir que les heures réellement facturables — prospection, administratif et congés ne se facturent pas, et une base de 1 600 heures annuelles est souvent plus réaliste que 1 800.

Le volume produit ou vendu, pour un commerce ou une production homogène. La surface occupée, pour répartir un loyer entre plusieurs activités. Le chiffre d'affaires par gamme, clé la plus simple mais aussi la plus grossière : elle fait porter les charges de structure sur les produits chers, même s'ils ne consomment pas plus de ressources.

Une clé imparfaite mais stable vaut mieux qu'une clé raffinée recalculée chaque mois. L'essentiel est de pouvoir comparer d'un exercice à l'autre.

Étape 3 — le coût de revient unitaire

La formule est simple : coût de revient unitaire = (charges directes + quote-part de charges indirectes) / quantités produites ou vendues. Pour une prestation, on remplace les quantités par le nombre d'heures.

Deux oublis reviennent systématiquement dans les calculs faits sans accompagnement. Le premier est la rémunération du dirigeant. En entreprise individuelle ou en gérance majoritaire, elle n'apparaît pas toujours comme une charge évidente — mais un coût de revient qui ne l'intègre pas produit mécaniquement un prix de vente qui ne vous paie pas. Intégrez-la, cotisations sociales comprises.

Le second est l'amortissement du matériel. Une machine, un véhicule ou un poste informatique se consomment à chaque vente : leur dotation aux amortissements fait partie du coût de revient, même si elle ne se traduit par aucun décaissement dans l'année.

À retenir : le prix de vente se fixe toujours sur le coût de revient complet. L'erreur classique consiste à raisonner sur les seuls coûts directs — en oubliant que le loyer, l'assurance et votre rémunération doivent eux aussi être payés par chaque vente.

Étape 4 — passer au prix de vente

Le prix de vente hors taxes s'obtient en ajoutant la marge souhaitée au coût de revient. Deux façons de l'exprimer, souvent confondues :

Le taux de marque se calcule sur le prix de vente : marge / prix de vente HT. Le taux de marge se calcule sur le coût : marge / coût de revient. Un coût de revient de 100 € vendu 150 € correspond à un taux de marge de 50 % mais à un taux de marque de 33 %. Confondre les deux fausse toute une grille tarifaire — c'est l'erreur de calcul la plus fréquente en TPE.

Le prix TTC s'obtient enfin en appliquant le taux de TVA applicable à votre activité. Si vous relevez de la franchise en base, votre prix affiché est votre prix HT — mais souvenez-vous que vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats : elle fait partie de votre coût de revient, ce qui change le calcul.

Ce que le coût de revient permet de décider

Une fois calculé produit par produit, il révèle des choses qu'aucun compte de résultat global ne montre. Quelles références sont vendues à perte. Quel client, une fois intégrés les délais de livraison et les relances, coûte plus qu'il ne rapporte. À partir de quel volume une remise reste supportable. Si un devis serré vaut la peine d'être signé.

Il éclaire aussi les décisions d'investissement : internaliser une tâche aujourd'hui sous-traitée n'a de sens que si le coût interne complet — machine amortie et temps passé compris — reste inférieur au prix de la sous-traitance. Et il alimente le tableau de bord mensuel du dirigeant, où la marge par famille de produits est souvent l'indicateur le plus actionnable — à condition que la ventilation des charges soit propre en amont.

À quelle fréquence le recalculer

Une fois par an au moment de la clôture, en repartant de la balance définitive, suffit pour la plupart des TPE. Un recalcul intermédiaire s'impose en cas de variation forte d'un poste : hausse des matières premières, embauche, déménagement, changement de fournisseur. Un tableur reste largement suffisant tant que la gamme est limitée — l'enjeu n'est pas l'outil, c'est la rigueur de la ventilation des charges.

ExpertComptable.ai aide les TPE à construire leur coût de revient à partir de leur comptabilité réelle, avec des missions signées par un cabinet inscrit à l'Ordre des experts-comptables. Voir les tarifs ou tester le simulateur.

Rejoindre la liste d'attente Voir comment ça marche