Mis à jour le 6 août 2026
Pour toute entreprise qui achète ou fabrique des biens — commerce, e-commerce, restauration, artisanat, industrie — le stock est souvent le poste le plus sensible du bilan. Une variation de stock mal évaluée fausse directement le résultat, donc l'impôt. Voici les obligations d'inventaire et les méthodes de valorisation admises.
L'article L123-12 du Code de commerce impose à tout commerçant de contrôler au moins une fois tous les 12 mois, par un inventaire, l'existence et la valeur des éléments de son patrimoine. Concrètement : compter physiquement les marchandises, matières premières, en-cours et produits finis à la date de clôture (ou à une date proche, avec un cadrage des mouvements intercalaires). Un inventaire permanent tenu par logiciel ne dispense pas d'un comptage physique de contrôle.
Les stocks entrent au bilan à leur coût :
| Nature du stock | Valorisation |
|---|---|
| Marchandises et matières achetées | Coût d'acquisition : prix d'achat net de remises, majoré des frais accessoires (transport, douane…) |
| Produits fabriqués et en-cours | Coût de production : matières consommées + charges directes et indirectes de production |
Les coûts administratifs généraux et les frais financiers en sont, en principe, exclus. La doctrine fiscale (BOFiP, BOI-BIC-PDSTK-20-20-10-10) reprend ces principes pour la détermination du résultat imposable.
Pour les biens interchangeables (non identifiables individuellement), deux méthodes sont admises en France : le coût moyen pondéré (CMP) — chaque sortie est valorisée au coût moyen des entrées — et le FIFO (« premier entré, premier sorti »). La méthode LIFO n'est pas admise. Les biens identifiables (véhicules, pièces uniques, produits numérotés) sont valorisés à leur coût réel individuel. La méthode choisie doit être appliquée de façon permanente d'un exercice à l'autre.
À la clôture, si la valeur actuelle d'un stock (prix de vente probable diminué des frais restant à engager) est inférieure à son coût d'entrée, une dépréciation doit être constatée : invendus, produits obsolètes ou démodés, denrées proches de la péremption, collections passées de saison. La dépréciation se justifie ligne à ligne, avec des éléments probants (prix de solde constatés, taux de rotation). Elle suit les mêmes règles de documentation que les provisions et le cut-off de clôture.
À retenir : gonfler ou minorer le stock est l'un des premiers points contrôlés par l'administration, car la variation de stock joue directement sur le résultat. Un inventaire documenté (feuilles de comptage datées et signées, méthode de valorisation constante) est votre meilleure protection.
En comptabilité d'engagement, les achats sont comptabilisés en charges au fil de l'eau, puis corrigés à la clôture par la variation de stock : un stock final supérieur au stock initial augmente le résultat, un déstockage le diminue. C'est l'une des écritures d'inventaire classiques détaillées dans notre guide des étapes de la clôture comptable. Les secteurs à forte rotation — voir nos guides restauration et e-commerce — y sont particulièrement sensibles.
La collecte automatisée des factures d'achat et des flux bancaires prépare la valorisation ; à la clôture, l'agent comptable vous demande votre état d'inventaire, calcule la variation de stock et propose les éventuelles dépréciations, sous la supervision d'un cabinet inscrit à l'Ordre. Voir les tarifs.