Mis à jour le 27 septembre 2026
La croyance la plus répandue en paie tient en une phrase : « les onze jours fériés sont chômés et payés ». C'est faux, et la confusion coûte cher dans les deux sens — des entreprises ferment en se croyant obligées, d'autres font travailler leurs équipes en s'exposant à un rappel de salaire. Le code du travail ne rend légalement chômé qu'un seul jour. Tout le reste se règle dans la convention collective ou dans l'usage de l'entreprise.
La liste légale comporte onze jours : 1er janvier, lundi de Pâques, 1er mai, 8 mai, Ascension, lundi de Pentecôte, 14 juillet, 15 août, 1er novembre, 11 novembre et 25 décembre. L'Alsace-Moselle en ajoute deux — le Vendredi saint et le 26 décembre — et les collectivités d'outre-mer disposent de dates propres, notamment pour la commémoration de l'abolition de l'esclavage.
Mais figurer sur la liste ne signifie pas être chômé. Seul le 1er mai est légalement non travaillé pour l'ensemble des salariés, à l'exception des établissements dont le fonctionnement ne peut être interrompu. Les dix autres ne sont chômés que si un accord collectif, la convention de branche, un usage ou une décision de l'employeur le prévoit. Les salariés de moins de 18 ans bénéficient en revanche d'une protection spécifique et ne peuvent travailler les jours fériés, sauf dans certains secteurs comme l'hôtellerie-restauration et les commerces de bouche.
Le premier réflexe n'est pas de lire le code du travail, mais votre convention collective. C'est elle qui, dans la très grande majorité des branches, rend les jours fériés chômés et fixe d'éventuelles majorations. Si vous n'êtes pas certain de la convention applicable, voir notre guide identifier et appliquer la bonne convention collective.
Jour férié chômé. Le salarié conserve son salaire dès lors qu'il justifie d'au moins trois mois d'ancienneté dans l'entreprise. En dessous de ce seuil, le maintien de salaire n'est pas légalement dû — la convention collective l'accorde souvent, mais il faut le vérifier. Des règles particulières s'appliquent aux salariés intérimaires, saisonniers et travailleurs à domicile.
Jour férié travaillé, hors 1er mai. Aucune majoration légale. Le salarié est payé comme un jour ordinaire. Une majoration ou un repos compensateur peuvent être prévus conventionnellement, et le sont fréquemment dans les branches à forte activité les jours fériés.
1er mai travaillé. Le salaire est doublé : le salarié perçoit, en plus de son salaire habituel, une indemnité d'un montant égal. C'est un doublement de rémunération, non un repos compensateur — l'un ne remplace pas l'autre.
Jour férié tombant un jour de repos habituel. Aucune indemnisation ni report ne sont dus, sauf disposition conventionnelle plus favorable. C'est le point qui provoque le plus de réclamations, et il vaut d'être anticipé : en 2026, le 15 août tombait un samedi et le 1er novembre un dimanche. Pour une entreprise du lundi au vendredi, ces deux jours sont juridiquement sans effet.
| Jour férié 2027 | Date | Jour |
|---|---|---|
| 1er janvier | 1er janvier | vendredi |
| Lundi de Pâques | 29 mars | lundi |
| 1er mai | 1er mai | samedi |
| Ascension | 6 mai | jeudi |
| 8 mai | 8 mai | samedi |
| Lundi de Pentecôte | 17 mai | lundi |
| 14 juillet | 14 juillet | mercredi |
| 15 août | 15 août | dimanche |
| 1er novembre | 1er novembre | lundi |
| 11 novembre | 11 novembre | jeudi |
| 25 décembre | 25 décembre | samedi |
Quatre des onze jours tombent un samedi ou un dimanche en 2027 : pour une entreprise en semaine classique, seuls sept jours produisent un effet. À l'inverse, l'Ascension du 6 mai et le 11 novembre, tous deux un jeudi, ouvrent deux ponts naturels du vendredi. C'est la configuration à arbitrer dès le quatrième trimestre 2026, en même temps que le planning des congés.
Le pont — la journée non travaillée qui sépare un jour férié d'un week-end — n'est encadré par aucun texte. Il résulte d'un accord collectif ou d'une décision de l'employeur, après information du comité social et économique lorsqu'il existe.
La conséquence est mal connue : les heures perdues du fait d'un pont peuvent être récupérées dans les douze mois, sans que cette récupération donne lieu à majoration pour heures supplémentaires. Concrètement, une entreprise qui offre le vendredi de l'Ascension peut demander le rattrapage des heures ultérieurement, à condition que la décision ait été annoncée comme telle. Si le pont est accordé sans réserve de récupération, il devient un avantage — et, répété plusieurs années, il peut se transformer en usage d'entreprise qu'on ne peut plus supprimer sans procédure de dénonciation. La formulation de la note de service n'est donc pas un détail.
Le pont peut aussi être imputé sur des jours de RTT ou sur des congés payés, si l'accord d'aménagement du temps de travail le permet. Voir nos guides sur le forfait jours et sur le régime des heures supplémentaires.
Chaque salarié doit accomplir une journée de travail supplémentaire non rémunérée au titre de la journée de solidarité, destinée au financement de l'autonomie des personnes âgées et en situation de handicap. Elle peut prendre la forme d'un jour férié précédemment chômé — le lundi de Pentecôte par tradition, mais n'importe quel autre convient sauf le 1er mai —, d'un jour de RTT, ou de toute autre modalité fixée par accord. Un point à trancher explicitement : à défaut d'accord, la décision unilatérale de l'employeur doit être formalisée.
Côté comptable, les jours fériés chômés n'appellent pas de provision spécifique puisque le salaire est maintenu sans surcoût. En revanche, les majorations conventionnelles et les repos compensateurs acquis mais non pris à la clôture constituent des charges à payer, à rapprocher de la provision pour congés payés. Les éléments variables correspondants doivent être portés en DSN au titre du mois concerné.
Un seul jour est légalement chômé, le 1er mai, et un seul est majoré, le même. Tout le reste — les dix autres fériés, les ponts, les majorations — dépend de la convention collective et de vos usages. Trois vérifications suffisent à sécuriser le sujet : la liste des fériés chômés dans votre branche, le respect de la condition de trois mois d'ancienneté pour le maintien de salaire, et la formalisation écrite des ponts avec ou sans récupération. Le calendrier 2027, avec quatre jours en week-end et deux ponts du jeudi, mérite d'être arbitré avant décembre.
Ce guide est informatif et ne remplace pas l'examen de votre situation. Chez ExpertComptable.ai, l'application de la convention collective, le traitement en paie des jours fériés et des ponts et les provisions de clôture associées sont pris en charge dans la mission, signée par un cabinet inscrit à l'Ordre des experts-comptables. Voir les tarifs ou estimer votre budget.