Déclaration de revenus du dirigeant : quelles cases pour quels revenus

Mis à jour le 20 août 2026

Un dirigeant d'entreprise perçoit rarement un seul type de revenu. Rémunération de mandat social, dividendes, intérêts de compte courant, éventuellement une activité indépendante à côté : chacun relève d'une catégorie fiscale distincte et donc d'une case différente. Se tromper de case a des conséquences très concrètes — perte d'un abattement, double imposition aux prélèvements sociaux, ou crédit d'impôt de 12,8 % non restitué. Voici la cartographie, telle qu'elle ressort de la brochure pratique publiée par la DGFiP.

La rémunération : deux cases selon le statut

Président de SAS, PDG et directeur général de SA, gérant minoritaire ou égalitaire de SARL : ces dirigeants sont assimilés salariés. Leur rémunération se déclare en cases 1AJ à 1DJ, comme un salaire ordinaire, et est en principe préremplie à partir de la déclaration sociale nominative transmise par la société. Elle ouvre droit à la déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, ou aux frais réels sur option.

Gérant majoritaire de SARL soumise à l'IS, associé d'EURL ou de SNC ayant opté pour l'IS : ces rémunérations relèvent de l'article 62 du CGI et se déclarent en cases 1GB à 1JB, spécifiquement intitulées « Revenus des associés et gérants article 62 du CGI ». Elles sont imposées selon les règles des traitements et salaires — donc avec la déduction de 10 % — mais forment une ligne distincte.

Ce point mérite attention : la brochure précise que ces revenus ne doivent pas être inscrits en cases 1AJ à 1DJ. C'est une erreur classique, sans effet sur l'impôt mais qui perturbe le calcul du prélèvement à la source. Les revenus de l'article 62 ne subissent en effet pas de retenue à la source par la société : ils donnent lieu à des acomptes prélevés directement sur le compte bancaire du dirigeant.

Cas pratique souvent oublié : si vous cessez en 2026 de percevoir des revenus donnant lieu à acomptes de prélèvement à la source (déclarés lignes 1GB, 1GF, 1GG, 1AG et suivantes), il faut cocher l'une des cases 1GK, 1GL, 1GP ou 1GQ de la 2042 C. Sans cela, l'administration continuera à calculer des acomptes sur la base d'un revenu disparu.

Les dividendes : la case 2DC et ses satellites

Les dividendes d'actions et les produits de parts sociales se déclarent en case 2DC, quel que soit le pourcentage détenu dans la société distributrice. Trois précisions déterminantes :

Montant brut. On déclare le dividende avant déduction du prélèvement forfaitaire obligatoire et des prélèvements sociaux opérés à la source — donc le montant voté en assemblée, pas la somme reçue sur le compte bancaire. Seuls les frais d'encaissement sont retranchés. Les dividendes de source étrangère se déclarent bruts, majorés du crédit d'impôt conventionnel.

L'abattement de 40 %. Les revenus déclarés en 2DC y ouvrent droit, mais uniquement en cas d'option globale pour le barème progressif. Sans option, l'abattement ne s'applique pas.

Case 2CK : le crédit d'impôt à ne pas perdre. Les dividendes versés par une société française ont normalement supporté, lors de leur versement, un prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 %. Ce montant constitue un crédit d'impôt restituable et se reporte en case 2CK. C'est l'oubli le plus coûteux de la déclaration d'un dirigeant : sans 2CK, l'acompte déjà payé n'est pas imputé, et l'impôt est réclamé une seconde fois.

Prélèvements sociaux : 2CG et 2BH

Les revenus mobiliers ayant déjà supporté les prélèvements sociaux à la source ne doivent pas y être soumis une seconde fois. Deux lignes servent à le signaler : la case 2CG pour les revenus déjà soumis aux prélèvements sociaux sans CSG déductible, et la case 2BH pour ceux déjà soumis avec CSG déductible en cas d'option pour le barème. Un montant mal ventilé entre ces deux lignes se traduit soit par une double imposition, soit par la perte de la fraction déductible de CSG.

La case 2OP : une décision, pas une formalité

Depuis 2018, les revenus de capitaux mobiliers sont imposés au taux forfaitaire de 12,8 %, auxquels s'ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 18,6 % — soit un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % pour les revenus qui ne les ont pas déjà supportés. En cochant la case 2OP, le contribuable renonce à ce régime au profit du barème progressif.

Trois caractéristiques à connaître. L'option est globale : elle emporte tous les revenus de capitaux mobiliers et tous les gains de cession de valeurs mobilières du foyer, sans possibilité de panachage. Elle est annuelle et se réexamine chaque année. Et elle est reconduite tacitement : si la case était cochée l'an dernier, elle est pré-cochée cette année — pour y renoncer, il faut cocher la case située juste en dessous sur le papier, ou décocher la case en ligne.

Les effets de l'option sont détaillés dans notre guide sur le PFU et l'option pour le barème.

Les intérêts de compte courant d'associé

Les intérêts servis sur un compte courant d'associé sont des revenus de capitaux mobiliers, mais ils ne bénéficient pas de l'abattement de 40 %, réservé aux revenus distribués. Ils suivent le régime du PFU ou, sur option 2OP, du barème.

Le volet social : une seule déclaration depuis 2021

Les dirigeants relevant du régime des travailleurs indépendants — gérant majoritaire de SARL, entrepreneur individuel, associé d'EURL — ne remplissent plus de déclaration sociale séparée. Le volet social est intégré à la déclaration de revenus en ligne sur impots.gouv.fr, et les données sont transmises à l'Urssaf pour le calcul des cotisations.

Deux points d'attention pour la campagne 2026. D'une part, la réforme de l'assiette sociale des travailleurs indépendants s'applique depuis le 1er janvier 2026 : l'assiette est désormais assise sur un « revenu brut social » diminué d'un abattement forfaitaire de 26 % appliqué par l'Urssaf — voir notre guide sur l'assiette des cotisations TNS. D'autre part, la fraction de dividendes excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant est assujettie aux cotisations sociales pour les gérants majoritaires, et doit être reportée sur le volet social — un sujet traité dans notre guide dividendes ou rémunération.

ExpertComptable.ai accompagne les dirigeants de TPE et PME sur leurs obligations fiscales et sociales, avec des missions signées par un cabinet inscrit à l'Ordre des experts-comptables. Ce guide est informatif et ne remplace pas l'examen d'une situation individuelle. Voir les tarifs ou tester le simulateur.

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