Mis à jour le 7 septembre 2026
Dès le premier salarié, l'employeur doit adhérer à un service de prévention et de santé au travail (SPST) et organiser le suivi médical de son personnel. C'est une obligation souvent négligée dans les TPE — jusqu'au premier arrêt long ou au premier contentieux, où elle devient centrale. Voici les visites à organiser, leur périodicité et les risques en cas de manquement.
Depuis la réforme de 2016, la « visite d'embauche » classique a été remplacée pour la majorité des postes par la visite d'information et de prévention, réalisée par un professionnel de santé du SPST dans les 3 mois suivant la prise de poste. Elle doit avoir lieu avant l'affectation pour certains publics : travailleurs de moins de 18 ans, travailleurs de nuit, femmes enceintes, travailleurs handicapés ou titulaires d'une pension d'invalidité. Elle est ensuite renouvelée selon une périodicité fixée par le médecin du travail, au maximum tous les 5 ans (3 ans pour les publics précités).
Les salariés affectés à des postes à risques — exposition à l'amiante, au plomb, à des agents cancérogènes ou biologiques, risque électrique, travail en hauteur lors du montage-démontage d'échafaudages, etc. — relèvent d'un suivi individuel renforcé : examen médical d'aptitude réalisé par le médecin du travail avant l'embauche, puis renouvelé au maximum tous les 4 ans, avec une visite intermédiaire au plus tard 2 ans après. La liste des postes à risques doit être cohérente avec votre DUERP.
| Visite | Quand |
|---|---|
| Visite de reprise | Après congé maternité, absence pour maladie professionnelle, ou arrêt d'au moins 30 jours (accident du travail) / 60 jours (maladie ou accident non professionnel) — dans les 8 jours de la reprise |
| Visite de pré-reprise | Possible pendant un arrêt de plus de 30 jours, pour préparer le retour |
| Visite de mi-carrière | Dans l'année des 45 ans du salarié (ou selon l'accord de branche) |
| Visite à la demande | À tout moment, à l'initiative du salarié, de l'employeur ou du médecin |
Le suivi est financé par la cotisation annuelle au SPST (de l'ordre de 80 à 120 € par salarié et par an selon les services), due dès l'embauche du premier salarié. Le temps passé en visite est du temps de travail rémunéré, transport compris.
En cas de manquement, l'employeur s'expose à une contravention de 5e classe (jusqu'à 1 500 € par salarié concerné, doublée en récidive). Surtout, le défaut de visite constitue un manquement à l'obligation de sécurité : il peut fonder des dommages-intérêts prud'homaux et, en cas d'accident du travail, contribuer à la reconnaissance de la faute inexcusable — avec indemnisation majorée et majoration durable de la cotisation AT/MP. Un dossier de visites à jour est aussi l'un des points vérifiés lors d'un contrôle Urssaf ou par l'inspection du travail.
À retenir : c'est à l'employeur de prendre l'initiative des convocations, pas au salarié ni au SPST. Tenez un tableau de suivi (date d'embauche, type de suivi, dernière visite, prochaine échéance) — les SPST sont saturés et les délais de rendez-vous peuvent dépasser plusieurs mois.
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