OETH : déclaration, calcul et contribution annuelle

Mis à jour le 27 septembre 2026

L'obligation d'emploi des travailleurs handicapés est l'une des obligations que les entreprises découvrent le plus tard — souvent au moment où la contribution apparaît sur un bordereau Urssaf, pour un montant qui n'avait pas été budgété. Le mécanisme est pourtant simple à modéliser, et il se pilote. Ce guide explique le calcul, l'échéance, et les leviers qui réduisent légalement la contribution.

1. Qui est concerné, et à partir de quand

Toute entreprise dont l'effectif atteint 20 salariés doit employer des bénéficiaires de l'obligation d'emploi à hauteur de 6 % de son effectif annuel moyen. Le nombre de bénéficiaires attendu s'obtient en appliquant ce taux à l'effectif, arrondi à l'entier inférieur : une entreprise de 34 salariés doit ainsi employer 2 bénéficiaires (34 × 6 % = 2,04).

L'effectif retenu est l'effectif annuel moyen, calculé selon les règles de la sécurité sociale et non par un simple décompte au 31 décembre. Ce mode de calcul a une conséquence favorable : le franchissement du seuil n'est pris en compte que lorsqu'il est atteint pendant cinq années civiles consécutives, ce qui laisse une période d'adaptation à une entreprise en croissance. À l'inverse, une entreprise qui repasse sous le seuil sort du champ de l'obligation.

À noter que l'obligation s'apprécie au niveau de l'entreprise, et non de chaque établissement. Pour une entreprise multi-établissements, c'est l'effectif consolidé qui compte.

2. Le calcul de la contribution

L'entreprise qui n'atteint pas le taux de 6 % verse une contribution annuelle, égale au nombre de bénéficiaires manquants multiplié par un coefficient qui dépend de sa taille, lui-même exprimé en Smic horaire brut.

Effectif de l'entrepriseCoefficient par bénéficiaire manquant
20 à 249 salariés400 × Smic horaire
250 à 749 salariés500 × Smic horaire
750 salariés et plus600 × Smic horaire

Une pénalité très supérieure s'applique aux entreprises n'ayant employé aucun bénéficiaire, ni conclu de contrat de sous-traitance avec le secteur adapté, pendant trois années consécutives : le coefficient passe alors à 1 500 × Smic horaire par bénéficiaire manquant, quelle que soit la taille de l'entreprise. Le rapport est de près de quatre fois le tarif ordinaire pour une PME. C'est le mécanisme qui transforme une contribution supportable en charge significative, et il frappe précisément les entreprises qui n'ont rien entrepris.

Pour situer les ordres de grandeur, le Smic horaire brut retenu au 1er janvier 2026 s'établit à 12,02 € ; il a fait l'objet d'une revalorisation au 1er juin 2026, de sorte que la valeur exactement applicable doit être vérifiée au titre de l'année déclarée. Sur cette base, un bénéficiaire manquant dans une entreprise de 20 à 249 salariés représente un ordre de grandeur de 4 800 € — et de l'ordre de 18 000 € au titre de la pénalité majorée.

La contribution est due même à un seul bénéficiaire manquant. Il n'existe pas de tolérance d'arrondi à la hausse : une entreprise de 34 salariés employant 1 bénéficiaire sur les 2 attendus verse la contribution correspondant à l'unité manquante.

3. Les déductions qui réduisent la contribution

Trois leviers permettent de diminuer le montant dû, et ils sont largement sous-utilisés.

Une entreprise qui confie une partie de sa logistique, de son nettoyage ou de ses prestations d'impression à une entreprise adaptée réduit donc sa contribution tout en sécurisant un achat qu'elle réalisait de toute façon. C'est l'arbitrage le plus rentable du dispositif, et il se décide en cours d'année, pas au moment de la déclaration.

4. L'échéance déclarative : la DSN d'avril

La déclaration et le paiement s'effectuent via la DSN relative à la période d'emploi d'avril, transmise au 5 ou au 15 mai selon l'échéance applicable à l'entreprise. Le calcul porte sur l'année civile précédente. La contribution est versée à l'Urssaf, qui en assure le recouvrement.

L'Urssaf communique en amont, généralement au début de l'année, les données d'effectif et le nombre de bénéficiaires qu'elle a reconstitués à partir des DSN mensuelles. Ce point mérite d'être souligné : ces données proviennent de vos propres déclarations. Si les statuts des salariés concernés n'ont pas été correctement renseignés en DSN au fil de l'année, le décompte transmis sera erroné et la contribution surévaluée. Le contrôle de cohérence se fait donc en janvier, sur la base des informations reçues, et non en mai dans l'urgence. Voir notre guide sur les obligations DSN.

Le défaut de déclaration ou le retard de paiement expose aux majorations et pénalités de droit commun applicables aux cotisations sociales. Le sujet est également examiné lors d'un contrôle Urssaf, au même titre que les autres contributions assises sur l'effectif.

5. Une obligation à intégrer au suivi des seuils

L'OETH n'est pas isolée : elle fait partie du faisceau d'obligations qui se déclenchent avec la croissance de l'effectif. Le franchissement des seuils de 11, 20, 50 et 250 salariés entraîne des conséquences en cascade — représentation du personnel, BDESE, index d'égalité professionnelle, dispositifs d'épargne salariale, participation. L'erreur classique consiste à traiter chaque obligation lorsqu'elle se manifeste, plutôt que de tenir un tableau de suivi de l'effectif annuel moyen qui les anticipe toutes.

Budgétairement, la contribution étant calculée sur l'année N et payée en mai N+1, elle constitue une charge à payer à la clôture de l'exercice N pour une entreprise clôturant au 31 décembre. C'est un poste régulièrement oublié dans les travaux de cut-off, avec pour effet d'imputer sur l'exercice suivant une charge qui appartient au précédent.

En résumé

À partir de 20 salariés, 6 % de l'effectif doit être constitué de bénéficiaires de l'obligation d'emploi ; à défaut, une contribution de 400 à 600 fois le Smic horaire par bénéficiaire manquant est due, déclarée dans la DSN d'avril. Deux réflexes changent le résultat : vérifier en janvier les données d'effectif transmises par l'Urssaf, parce qu'elles découlent de vos DSN et peuvent être corrigées ; et engager, en cours d'année, de la sous-traitance auprès du secteur adapté, qui réduit la contribution sur des achats déjà prévus. Enfin, ne pas laisser courir trois exercices sans aucune action : c'est le seul scénario où le coût devient réellement lourd.

Ce guide est informatif et ne remplace pas l'examen de votre situation. Chez ExpertComptable.ai, le suivi de l'effectif annuel moyen, le contrôle des données OETH issues des DSN et la déclaration de la contribution sont pris en charge dans la mission, signée par un cabinet inscrit à l'Ordre des experts-comptables. Voir les tarifs ou estimer votre budget.

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