Micro-entreprise : les obligations comptables réelles (et celles qu'on vous invente)

Mis à jour le 10 août 2026

La comptabilité du micro-entrepreneur est volontairement « ultra-simplifiée » : pas de bilan, pas de compte de résultat, pas de liasse fiscale. Mais simplifiée ne veut pas dire inexistante — trois obligations subsistent, contrôlables par l'administration, et 2026 ajoute une échéance nouvelle avec la facturation électronique. Le point complet, d'après les fiches de Service-Public.

Obligation n°1 : le livre des recettes

Tout micro-entrepreneur doit tenir un livre des recettes, quel que soit son niveau d'activité. Chaque encaissement y est enregistré chronologiquement et sans possibilité de modification, avec : la date, la référence de la pièce (numéro de facture), le nom du client, la nature de la prestation ou de la vente, le montant, et le mode de règlement. Un tableur simple ne suffit en principe pas s'il permet de modifier les lignes a posteriori ; un registre papier, un livre aux pages numérotées ou un logiciel garantissant l'inaltérabilité sont conformes. Les recettes s'enregistrent à l'encaissement, pas à la facturation.

Obligation n°2 : le registre des achats (pour certaines activités)

Le registre des achats n'est obligatoire que pour les activités de vente de marchandises, d'objets, de fournitures et de denrées à emporter ou à consommer sur place, et pour les prestations d'hébergement. Il récapitule chronologiquement les achats avec le mode de règlement et les références des pièces. Un consultant ou un artisan de services n'a pas à le tenir — c'est l'une des confusions les plus répandues.

Obligation n°3 : conserver les justificatifs

Factures émises, factures d'achats, relevés : tous les justificatifs doivent être conservés (dix ans pour les documents comptables des commerçants, six ans minimum au plan fiscal). En cas de contrôle, le livre des recettes sans les pièces qui le justifient ne prouve rien. Notre guide sur les durées de conservation détaille les délais par type de document.

Le compte bancaire dédié

Un compte dédié à l'activité devient obligatoire lorsque le chiffre d'affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. Il peut s'agir d'un simple compte courant séparé du compte personnel — un compte « professionnel » payant n'est pas exigé pour l'entrepreneur individuel. Les détails et exceptions sont dans notre guide compte bancaire professionnel.

Les plafonds 2026 à surveiller

La revalorisation triennale porte les plafonds du régime micro pour les revenus 2026 à 203 100 € pour les activités de vente et d'hébergement et 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales (contre 188 700 € et 77 700 € jusqu'aux revenus 2025). En activité mixte, le total ne doit pas dépasser 203 100 €, dont au plus 83 600 € de services. La sortie du régime n'intervient qu'après dépassement deux années civiles consécutives — le passage au réel se prépare, comme l'explique notre guide du micro au réel.

À retenir : dépasser le plafond une seule année ne fait pas sortir du régime micro. En revanche, les seuils de franchise de TVA sont distincts et plus bas — on peut devoir facturer la TVA tout en restant micro-entrepreneur.

Nouveauté 2026-2027 : la facturation électronique

À compter du 1er septembre 2026, tous les micro-entrepreneurs doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. L'obligation d'émettre en format électronique pour les ventes à des professionnels suivra au 1er septembre 2027. C'est un changement de pratique plus que de comptabilité, mais il impose de choisir une plateforme dès 2026 — voir notre guide facturation électronique.

Et l'impôt ?

Pas de déclaration de résultat : le chiffre d'affaires se reporte sur la déclaration de revenus (2042-C-PRO), l'administration appliquant l'abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité). Côté social, la déclaration Urssaf mensuelle ou trimestrielle du chiffre d'affaires déclenche les cotisations. Aucun expert-comptable n'est obligatoire — mais un œil professionnel devient utile à l'approche des seuils, en cas d'activité mixte, ou pour arbitrer micro contre réel lorsque les charges réelles dépassent l'abattement. Estimez les deux scénarios avec notre simulateur, ou consultez nos tarifs.

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