Mis à jour le 5 août 2026
Le barème kilométrique publié par l'administration fiscale sert à évaluer forfaitairement le coût d'utilisation d'un véhicule personnel à des fins professionnelles. C'est l'un des rares outils fiscaux à la fois simple et largement utilisé : salariés aux frais réels, dirigeants remboursés par leur société, indépendants au réel. Voici les chiffres applicables en 2026 et les points de contrôle qui font la différence en cas de vérification.
Le barème kilométrique applicable à la déclaration 2026 (revenus 2025) n'est pas revalorisé. Il reste identique à celui de 2025, lui-même reconduit depuis la revalorisation de 5,4 % intervenue en 2023. C'est la quatrième année consécutive de reconduction.
Concrètement, dans un contexte où l'assurance et l'entretien continuent de progresser, le forfait couvre une part relativement plus faible du coût réel. Cela mérite d'être vérifié : l'utilisation du barème n'est pas obligatoire, et la déduction des frais réels justifiés reste possible — dans la limite du montant qu'aurait donné le barème.
Le montant dépend de la puissance administrative du véhicule et du kilométrage annuel parcouru à titre professionnel (d = distance en km).
| Puissance | Jusqu'à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
Exemple : 4 000 km parcourus à titre professionnel avec un véhicule thermique de 6 CV donnent 4 000 × 0,665 = 2 660 €.
Depuis 2021, les montants issus du barème sont majorés de 20 % pour les véhicules 100 % électriques. L'administration publie directement le barème majoré.
| Puissance | Jusqu'à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,635 | (d × 0,379) + 1 278 | d × 0,444 |
| 4 CV | d × 0,727 | (d × 0,408) + 1 596 | d × 0,488 |
| 5 CV | d × 0,763 | (d × 0,428) + 1 674 | d × 0,512 |
| 6 CV | d × 0,798 | (d × 0,449) + 1 748 | d × 0,536 |
| 7 CV et plus | d × 0,836 | (d × 0,473) + 1 818 | d × 0,564 |
Point souvent oublié : la location de la batterie et les frais de recharge sont déjà inclus dans le barème, au titre des frais de carburant. Les refacturer en plus est une erreur classique.
Pour les motos et scooters de plus de 50 cm³, les tranches sont différentes (3 000 km / 6 000 km) :
| Puissance | Jusqu'à 3 000 km | De 3 001 à 6 000 km | Au-delà de 6 000 km |
|---|---|---|---|
| 1 ou 2 CV | d × 0,395 | (d × 0,099) + 891 | d × 0,248 |
| 3, 4 ou 5 CV | d × 0,468 | (d × 0,082) + 1 158 | d × 0,275 |
| Plus de 5 CV | d × 0,606 | (d × 0,079) + 1 583 | d × 0,343 |
Pour les cyclomoteurs de 50 cm³ et moins : d × 0,315 jusqu'à 3 000 km, (d × 0,079) + 711 de 3 001 à 6 000 km, d × 0,198 au-delà. Les versions 100 % électriques bénéficient également de la majoration de 20 %.
Le barème couvre la dépréciation du véhicule, les frais de réparation et d'entretien, les pneumatiques, le carburant et les primes d'assurance. Rien d'autre.
Peuvent en revanche s'ajouter, au prorata de l'usage professionnel : les intérêts d'emprunt en cas d'achat à crédit, les frais de péage et les frais de stationnement sur le lieu professionnel (garage, parking, parcmètre). En sens inverse, un véhicule inscrit à l'actif et déjà amorti ne peut pas donner lieu à application du barème : il faudrait alors déduire deux fois la dépréciation. Voir notre guide sur l'amortissement des véhicules et ses plafonds.
Pour les salariés optant pour les frais réels, la distance domicile-travail retenue est limitée à 40 km par trajet. Au-delà, seuls 40 km sont pris en compte — sauf circonstances particulières justifiées (contraintes liées à l'emploi, situation familiale ou sociale), à expliquer dans une note jointe à la déclaration.
Utiliser le barème ne dispense pas d'apporter les justifications à l'administration fiscale. Il faut pouvoir établir la réalité et le caractère professionnel des kilomètres : dates, destinations, motif, client ou chantier visité. L'administration recoupe fréquemment avec les factures d'entretien, sur lesquelles figure le kilométrage du compteur.
Le réflexe utile est un carnet de bord tenu au fil de l'eau — feuille de route, extraction d'agenda, ou fichier alimenté chaque semaine. Une reconstitution a posteriori en fin d'exercice se voit, et se défend mal.
Lorsqu'un dirigeant ou un salarié utilise son véhicule personnel, la société le rembourse sur la base du barème. Le remboursement est une charge déductible (compte 6251 « Voyages et déplacements ») et n'est pas soumis à cotisations sociales tant qu'il reste dans les limites du barème et qu'il est justifié. Au-delà, la fraction excédentaire est requalifiée en complément de rémunération. Le sujet croise directement celui des remboursements de frais professionnels et, plus largement, des frais déductibles en TPE.
Point de vigilance en société : le remboursement kilométrique concerne un véhicule personnel. Si le véhicule appartient à la société ou est pris en location longue durée par elle, le barème n'a pas à s'appliquer et c'est le régime de la taxe sur les véhicules de société et de l'amortissement plafonné qui prend le relais.
Le barème est simple ; ce sont les frontières qui coûtent cher — kilomètres personnels intégrés par erreur, double déduction avec l'amortissement, frais déjà compris dans le forfait ajoutés en plus. Un suivi mensuel des déplacements, rapproché des relevés bancaires et des factures de carburant, règle la question avant la clôture plutôt qu'après.
Chez ExpertComptable.ai, les agents rapprochent en continu les justificatifs et les écritures, et signalent les frais de déplacement non documentés avant l'arrêté ; un expert-comptable inscrit à l'Ordre revoit les points significatifs et signe la mission. Estimez votre budget avec le simulateur ou consultez nos tarifs.