Mis à jour le 30 juillet 2026
Un artisan — plombier, électricien, menuisier, coiffeur, boulanger — exerce le plus souvent une activité relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). La nature de sa comptabilité dépend d'abord de son régime d'imposition, lui-même déterminé par son chiffre d'affaires. Comprendre cet enchaînement permet d'éviter les mauvaises surprises fiscales et de choisir la formule d'accompagnement adaptée.
Tant que le chiffre d'affaires reste sous les plafonds du micro, l'artisan relève du régime micro-BIC. Pour la période 2026-2028, la loi de finances a revalorisé ces seuils de 7,6 % : 203 100 € pour les activités d'achat-revente et de fourniture de logement, et 83 600 € pour les prestations de services (dont relèvent la plupart des artisans du bâtiment et de service). Sous ce régime, les obligations comptables se limitent à un livre des recettes et, pour les activités d'achat-revente, un registre des achats. Le bénéfice imposable est calculé après un abattement forfaitaire (50 % pour les prestations de services BIC, 71 % pour l'achat-revente), sans possibilité de déduire ses charges réelles.
Ce régime convient à l'artisan qui débute ou dont les charges sont faibles. Dès que les achats de matières, l'outillage ou la sous-traitance pèsent lourd, le réel devient souvent plus avantageux : nous détaillons l'arbitrage dans notre guide passer du micro au réel.
Au-delà des plafonds micro — ou sur option — l'artisan bascule au régime réel simplifié d'imposition (RSI). Pour 2026-2028, le RSI s'applique tant que le chiffre d'affaires ne dépasse pas 945 000 € (ventes) ou 286 000 € (services) ; au-delà, c'est le réel normal. Le réel simplifié impose une comptabilité complète : bilan, compte de résultat, annexe simplifiée et liasse fiscale (formulaire 2033).
Contrairement au micro, le réel permet de déduire l'intégralité des charges réelles — matériaux, véhicule, local, cotisations, amortissement de l'outillage — ce qui réduit d'autant le bénéfice imposable. C'est là que la tenue devient technique et qu'un accompagnement prend tout son sens.
Les entreprises au réel simplifié peuvent opter pour la comptabilité super-simplifiée prévue par l'article 302 septies A ter A du Code général des impôts. Concrètement, l'artisan peut tenir une comptabilité de trésorerie en cours d'exercice (n'enregistrer que les encaissements et décaissements) et ne constater ses créances et ses dettes qu'à la clôture. Cette tolérance allège considérablement le suivi quotidien tout en produisant des comptes annuels conformes. Pour bien distinguer les deux logiques, voir notre guide comptabilité de trésorerie ou d'engagement.
En dessous des seuils de franchise en base — 85 000 € (ventes) et 37 500 € (services) pour 2026, avec seuils majorés à 93 500 € et 41 250 € — l'artisan facture sans TVA et n'a aucune déclaration à déposer. Au-delà, il facture la TVA, la collecte et la reverse, généralement sous le régime simplifié de TVA (acomptes semestriels et déclaration annuelle CA12). Attention : dans le bâtiment, l'autoliquidation de la TVA s'applique en sous-traitance, un point technique à ne pas négliger.
À retenir : le déclencheur du passage au réel n'est pas la même chose que le déclencheur de la TVA. Un artisan peut être au micro-BIC pour l'impôt tout en étant redevable de la TVA s'il dépasse les seuils de franchise.
Au micro, une simple application de suivi des recettes suffit. Au réel, la production d'un bilan et d'une liasse mobilise un vrai travail de révision. Chez ExpertComptable.ai, un artisan au réel simplifié entre dans la formule Trésorerie (79 € HT/mois) tant que le volume d'écritures reste modéré, et dans Trésorerie+ (129 € HT/mois) pour les dossiers avec multi-comptes et immobilisations. Voir les tarifs ou estimez votre régime avec le simulateur. Pour une vue d'ensemble des honoraires du marché, consultez combien coûte un expert-comptable.
Au-delà du régime, quelques postes reviennent systématiquement chez les artisans et méritent une attention particulière. Les stocks de matières premières et de marchandises doivent être valorisés à la clôture, ce qui influe directement sur le résultat. L'outillage et le véhicule utilitaire s'amortissent sur plusieurs années plutôt que de passer en charge immédiate. Les acomptes clients encaissés avant la réalisation des travaux appellent un traitement de cut-off rigoureux, pour rattacher la recette au bon exercice. Enfin, la sous-traitance — courante dans le bâtiment — soulève la question de l'autoliquidation de la TVA : le sous-traitant facture hors taxe et c'est le donneur d'ordre qui déclare la TVA. Ces mécanismes, invisibles au micro, deviennent centraux au réel et justifient à eux seuls un accompagnement.
L'établissement des comptes annuels et de la liasse fiscale d'un artisan au réel est une mission signée par un cabinet inscrit à l'Ordre des experts-comptables, qui supervise l'ensemble des travaux — y compris ceux réalisés par nos agents. C'est cette supervision qui garantit la fiabilité de vos comptes et, le cas échéant, la délivrance d'une attestation utile face à un tiers. Pour un artisan qui débute, cette combinaison — production automatisée et responsabilité d'un professionnel inscrit — permet de rester au juste prix sans sacrifier la conformité.